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Par le 4 septembre 2018 - Nouvelles de Boréalis

Avec l’émergence de l’engagement des parties prenantes comme enjeu sur la table des sociétés souhaitant avoir des opérations durables, de meilleures relations avec les communautés et des affaires publiques percutantes, ce n’est pas surprenant que la Responsabilité sociale des entreprises (RSE) et la durabilité fassent maintenant partie des curriculums des universités qui enseignent l’administration des affaires. Rajoutons à cela l’agenda 2030 des Nations Unies et les Objectifs de développement durable (ODD) et on obtient la recette parfaite pour transformer le monde des affaires en entier.

 

Ce vent de changement crée des opportunités pour faire de ce monde un meilleur endroit. C’est exactement ce que Ruben Burga, Professeur adjoint pour le programme de premier cycle de RSE à l’Université de Guelph, en Ontario, a pu expérimenter personnellement avec des étudiants cet été. L’équipe de Boréalis l’a récemment rencontré pour discuter de cette sortie éducative.

 

Pouvez-vous nous parlez de la sortie éducative avec vos étudiants dans le programme de RSE?

 

Lors de cette sortie éducative de deux semaines, j’ai guidé nos étudiants en administration des affaires à travers la découverte des enjeux liés aux parties prenantes, directement sur le terrain. Le tout faisait partie d’un processus de consultation d’une entreprise où les étudiants devaient développer des suggestions pour aider le développement économique d’une communauté isolée.

 

Pour des raisons de confidentialité, la communauté ne peut être identifiée, mais celle-ci fait partie d’une panoplie de communautés canadiennes qui sont isolées de la société générale. Dans de telles communautés, les liens interpersonnels et les relations se forment sur de longues périodes de temps, et conséquemment, l’apport de sources externes peut causer de la résistance et des objections.

 

Comme les théoriciens l’ont suggéré et à mesure que les industries impliquées avec l’utilisation des terres ou l’engagement communautaires l’ont soulevé, le réseau d’enjeux saillants qui sont d’une importance éminente pour certaines parties prenantes spécifiques peuvent être le reflet d’inquiétudes partagées.

 

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Dans le cas particulier de cette communauté isolée, il y avait des préoccupations vis-à-vis de la sécurité alimentaire, l’accès aux services de santé et de bien-être et les emplois saisonniers. Ces enjeux étaient soulevés individuellement par des groupes de parties prenantes, mais lorsque visualisés à travers la théorie de l’acteur-réseau (1), une théorie qui considère les relations parmi tous les réseaux d’acteurs autour d’un enjeu, les problèmes concernaient plutôt l’obtention du même sens de communauté qu’on retrouve au sein des communautés environnantes.

 

Comment les étudiants ont-ils entrepris leurs activités d’engagement des parties prenantes?

 

Lors du cours sur le terrain, les étudiants ont développé des relations avec les parties prenantes en demeurant dans la communauté et en menant des entrevues informelles pour identifier les préoccupations individuelles et partagées par la communauté. À la fin de la sortie éducative, nous avons recueilli leurs expériences, qui ont ensuite été notées selon la profondeur de leurs réflexions critiques.

 

Qu’est-ce qui a été déterminé comme meilleure stratégie d’engagement pour les relations communautaires par les étudiants?

 

Un collègue et moi-même sommes présentement en train d’organiser l’évaluation des enjeux reliés aux parties prenantes pour un rapport d’affaires. Ce rapport sera présenté à des leadeurs de la faculté et institutionnels dans la communauté. Au niveau corporatif, lorsqu’on s’engage avec les communautés, d’importantes considérations doivent être prises en note et suivies, incluant :

  • L’enregistrement des préoccupations des communautés
  • L’évaluation des enjeux saillants
  • L’identification des réseaux d’importance
  • La classification des membres de la communauté par rapport à leurs préoccupations légitimes, l’urgence de celles-ci, puis le pouvoir véritable et perçu par leur groupe communautaire. Ce processus s’appelle aussi l’évaluation des parties prenantes ou la cartographie des parties prenantes.

 

Ces catégories de classification ont été décrites par plusieurs universitaires (2) mais sont aussi priorisés grâce à des logiciels de gestion de la relation avec les parties prenantes qui ont été développés spécifiquement à cette fin (3).

 

Quelles sont les leçons sur les relations avec les communautés tirées de la sortie éducative?

 

Dans certaines industries comme dans le secteur de l’extraction de ressources naturelles, il est institutionnellement et légalement imposé d’effectuer des activités d’engagement communautaire. Mais ce n’est pas le cas pour plusieurs autres industries, comme les biens de consommation, les manufacturiers, le transport, les services publics, etc.

 

À la fin de la sortie, les étudiants étaient en mesure d’apprécier la mosaïque des enjeux qui peuvent émerger dans une communauté. L’un des apprentissages ici est qu’ils n’avaient pas accès à des outils technologiques pour les aider à compléter l’exercice durant la sortie : ils devaient se fier à 100% à des méthodes manuelles pour accomplir leurs activités. Heureusement, la situation est bien différente pour les sociétés.

 

Pour ma part, en tant qu’instructeur, j’ai pu apprécier la puissance d’un logiciel qui fait automatiquement le travail manuel qu’ont dû faire les étudiants. Les sociétés socialement responsables doivent s’engager auprès des membres des communautés, prioriser leurs actions vis-à-vis des préoccupations des membres des communautés et être imputables de leurs actions auprès de ces communautés et des législateurs. Elles peuvent d’ailleurs maintenant simplifier le tout grâce à la technologie.

 

Est-ce que vous diriez que la technologie peut révolutionner comment nous faisons les activités d’engagement avec les communautés?

 

Oui, je le crois. Vers la fin de l’expérience sur le terrain avec les étudiants, ce qui est devenu évident pour moi est l’attrait d’un outil comme le logiciel d’engagement des parties prenantes de Boréalis pour recueillir les avis, préoccupations et intérêts de parties prenantes individuelles. Cette étape est cruciale à certains moments pour évaluer l’importance d’enjeux émergents au sein des communautés afin de créer la meilleure stratégie pour réaliser ses objectifs.

 

Avez-vous des questions pour Professeur Burga? Veuillez les envoyer dans la section de commentaires.

 


Références

  1. Actor-network theory and how it delves into social constructivism and social relationships has been described by Callon in 1986; Latour in 1987 and 1996; Sage, Dainty, and Brookes in 2011.
  2. Stakeholder identification and prioritization have been described by Freeman in 1984; Mitchell, Agle, and Wood in 1997; Kusyk and Lozano, 2007; Burga and Rezania, 2016.
  3. Le logiciel de gestion des parties prenantes de Boréalis est l’un des outils qui peuvent être utilisés pour faire la cartographie des parties prenantes, pour évaluer les parties prenantes, prioriser les communications et s’engager auprès des communautés.
À propos de Ruben Burga
Ruben Burga has a PhD in Management from the University of Guelph, an MBA and is a licensed Professional Engineer. In his multi-faceted career, he has worked as a senior management executive and lived in Asia, Latin America and various locations in North America. Currently he is focused on teaching CSR in the College of Business and Economics at the University of Guelph and researching this area with a particular focus on stakeholder management with entrepreneurial companies. He can be reached at rburga@uoguelph.ca

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