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Par le 30 octobre 2015 - Blogue RSE

Je me souviendrai toujours de la nuit du 6 juillet 2013. J’étais à Lac Mégantic en compagnie de ma mère, ses sœurs et une amie. Je me rappelle traverser le centre-ville et constater que la terrasse du MusiCafé, qui est en général relativement tranquille, fourmille d’activité. Je me souviens des explosions et de l’odeur du pétrole brut qui brule. Je me compte tout de même chanceuse, car je n’ai pas perdu d’êtres chers cette nuit-là. L’événement se reflète plutôt dans ma mémoire comme un son de cloche, qui m’apprend qu’en tant que citoyenne, on ne m’informe pas sur les risques qui guettent ma communauté.

Cette nuit-là, j’ai appris, comme probablement la majorité des Québécois, que quasi aucune régulation n’existait pour règlementer ce que les trains qui passent au cœur de nos communautés transportent. Et le pire dans tout ça, même les élus municipaux n’en savent rien. Les choses ont un peu changé, certes, depuis juillet 2013. Du moins c’est ce que je croyais, jusqu’à un train déraille le 29 octobre dernier à Montréal. Loin de l’ampleur des événements de Lac Mégantic, mais un déraillement en quartier résidentiel n’est tout de même pas anodin.

Des incidents que les compagnies ferroviaires doivent prévoir

Bien entendu, les déraillements sont un risque pour lequel les compagnies ferroviaires doivent se préparer. Elles ont des programmes d’intervention d’urgence pour ce genre d’incidents. Mais en lisant la nouvelle dans La Presse, quelque chose a attiré mon attention. Pas la dame en choc nerveux ou Canadian Pacific qui refuse de commenter l’accident. C’est plutôt la citation d’un élu municipal (monsieur Denis Coderre pour les intimes), au même titre que madame Colette Roy Laroche, qui affirme qu’il ne sait pas ce que les trains qui circulent dans sa communauté transportent qui a attiré mon attention. Pour reprendre ses mots :

« Je trouve cela inacceptable. Je veux savoir ce qui passe sur notre territoire. Quand les premiers répondants arrivent, on a besoin d’avoir déjà cette information en main. On ne peut pas avoir un plan de contingence si on n’a pas tous les outils nécessaires. » – Denis Coderre, maire de Montréal.

 

Je suis presque tombée en bas de ma chaise en lisant les paroles de monsieur Coderre. Deux ans après une tragédie qui a pris les vies de 47 personnes – n’oublions pas que Lac Mégantic est une municipalité de moins de 6 000 habitants comparativement à Montréal qui compte plus de 1.5 millions d’habitants – les compagnies ferroviaires n’ont toujours pas trouvé de moyen efficace de communiquer avec les communautés où elles opèrent.

Des plans d’intervention d’urgence qui n’incluent pas les secouristes

Du coup, je me suis remise à penser aux plans d’intervention d’urgence. Quelle est la valeur de ces plans si les équipes de secours coordonnées par l’état, les municipalités et non les compagnies ferroviaires ne connaissent pas les matières transportées? Comment peuvent-elles se préparer à gérer les urgences si elles ne savent pas ce qu’elles devront affronter?

Et ce n’est pas que l’information est indisponible. Les compagnies ferroviaires savent très bien ce qu’elles transportent, elles ont cette information. Le problème réside dans les communications. Les compagnies sont incapables de communiquer efficacement aux personnes clés qui sont touchées par leurs projets.

Mais pourquoi? Ont-elles du mal à identifier les parties prenantes de leurs opérations? Les projets à grande échelle touchent énormément de gens et centraliser toute cette information afin d’établir quelles communications sont nécessaires, ont eu lieu ou devraient avoir lieu peut être un casse-tête. Il me semble que dans ce cas-ci, il est assez évident que le cabinet de monsieur Coderre est la bonne porte où aller frapper si on souhaite préparer des plans d’urgence en collaboration avec les premiers répondants…

S’outiller pour mieux communiquer

La conclusion: bien qu’elles se préparent pour les urgences, les entreprises avec de grands projets (ça ne se limite pas qu’aux compagnies ferroviaires) ont de la difficulté à identifier leurs parties prenantes, à leur communiquer de façon efficace, et à se préparer pour les situations d’urgence. La solution? Monsieur Coderre nous l’a offerte sur un plateau d’argent : on doit mettre en place les outils nécessaires afin d’assurer de bonnes communications entre ces projets et les communautés avec qui ils coexistent.

 

Ambatovy

Passer de relations avec les communautés réactives à proactives, une étude de cas.

À propos de Sarah Busque
Sarah est une spécialiste en communications, marketing et relations publiques avec un intérêt marqué pour les problématiques sociales et environnementales, et la RSE. Depuis près de cinq ans, elle collabore avec diverses organisations pour produire du matériel intelligible qui offre un approche simplifié à des concepts complexes. Elle croit que le marketing peut être utilisé pour davantage que son but traditionnel de vente : celui-ci peut aider à la dissémination d’information importante pour améliorer le monde. Sarah est une globetrotteur enthousiaste qui passe ses journées de congé dehors, soit en planche à neige, en randonnée, ou en plongée.

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