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Par le 4 juin 2012 - Blogue RSE

La planification de la préparation et du plan d’intervention en cas d’urgence dans les industries minière, pétrolière et gazière a pris une importance grandissante au cours des dernières années, à la suite d’une série très médiatisée de déversements de pétrole, de bris de pipelines et de ruptures de bassins d’accumulation de résidus. Ces accidents, qui sont dans la plupart des cas évitables, peuvent avoir des conséquences désastreuses pour la santé humaine, l’environnement naturel et les bénéfices nets de la compagnie.

Considérant ces réalités, il est important que les compagnies mettent en place des plans de secours dans l’éventualité où quelque chose tournerait mal au niveau opérationnel. La planification de la préparation et du plan d’intervention en cas d’urgence est un outil de gestion essentiel qui permet aux compagnies d’être préparées et de réagir rapidement si des accidents surviennent de façon à minimiser leurs impacts sociaux, environnementaux et financiers.

Quelle est la clé d’une planification réussie de la préparation et du Plan d’intervention dans le secteur extractif en cas d’urgence?

Pour être préparée, une compagnie doit prendre des mesures pour s’assurer de pouvoir réagir rapidement si une urgence survient. Il est essentiel de savoir quelles personnes et quelles choses peuvent être touchées lors de situations d’urgence de différentes ampleurs et d’effectuer régulièrement des exercices afin d’entraîner les ressources de la compagnie à y réagir. Réagir à ces situations nécessite d’identifier les parties prenantes internes et externes, incluant les premiers répondants qui peuvent être mobilisés dans un court laps de temps quel que soit l’incident qui pourrait se produire. La planification peut nécessiter l’utilisation d’outils de cartographie et la consultation des parties prenantes sur le terrain.

Dans l’Ouest canadien, par exemple, les compagnies qui exploitent des puits de gaz naturel acide sont obligées par le gouvernement fédéral d’informer les gens qui habitent près de leurs infrastructures des conséquences possibles d’émissions accidentelles de sulfure d’hydrogène (H2S) dans l’atmosphère. Étant donné les propriétés potentiellement mortelles de ce gaz, les compagnies ont l’obligation d’envoyer des représentants rencontrer les parties prenantes sur le terrain. Ces rencontres permettent d’informer les parties prenantes des conséquences de fuites de gaz possibles au cours de discussions et par la distribution de documents publics d’information. L’information concernant les besoins particuliers des parties prenantes (mobilité réduite, besoin d’aide en cas d’évacuation, demandes de notification rapide en cas d’accident) est utilisée pour faciliter le processus de planification. De même, les outils de cartographie sont utilisés pour identifier les structures qui pourraient être touchées par tout accident qui pourrait survenir, et des zones de planification d’urgence sont créées en fonction de l’emplacement des infrastructures de la compagnie. Cette information est ensuite utilisée pour produire des rapports destinés à la Commission fédérale chargée de l’économie des ressources énergétiques, l’organisme de réglementation responsable d’assurer la conformité aux lois et règlements reliés à la sécurité du public qui se trouve dans les environs des puits de gaz naturel acide.

Sur le plan international, il y a une tendance de plus en plus grande à utiliser des leviers financiers comme moyen de s’assurer que les promoteurs de projets mettent en place une planification de la préparation et du Plan d’intervention dans le secteur extractif en cas d’urgence. Les normes de performance de la SFI (Société financière internationale) et les principes de l’Équateur servent de références générales pour les prêts aux projets et sont basés sur les meilleures pratiques internationales. Dans les pays en développement qui ont des cadres de réglementation moins solides que les pays de l’OCDE, ces normes exigent des emprunteurs qu’ils s’assurent qu’une planification de la préparation et du plan d’intervention en cas d’urgence soit en place avant de pouvoir recevoir des prêts pour un projet.

Une gestion proactive des risques est de plus en plus reconnue dans l’industrie extractive comme étant le meilleur moyen d’éviter les accidents qui peuvent causer des dommages à l’environnement ainsi qu’aux finances et à la réputation de la compagnie. Dans ce contexte, la planification de la préparation et du plan d’intervention en cas d’urgence est un outil important qui permet aux compagnies d’aller au-delà du simple processus d’évaluation des risques pour se diriger plutôt vers une gestion des risques opérationnels sur le terrain.

Andrew Sanford est un Analyste en environnement à Boréalis

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