Le Responsible Business Summit Europe, qui a récemment eu lieu à Londres, a suscité un débat sur comment nous pouvons transformer le monde tout en permettant le développement de sociétés étant à la fois bonnes et durables. Les sessions qui présentaient comment les compagnies mettent en pratique des processus pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU et s’engager à l’accord de Paris m’ont beaucoup inspiré, et j’espère bien vous partager cet enthousiasme.

 

Comprendre les ODD et ce qu’ils représentent pour les entreprises

En septembre 2015, tous les États membres des Nations Unies ont adopté un plan pour permettre un meilleur futur, pour tous. Les objectifs sont simples, mais représentent un grand défi à relever : ils établissent un plan pour les 15 prochaines années afin d’éliminer la pauvreté extrême, lutter contre les inégalités et injustices, et protéger notre planète. Au cœur de l’agenda 2030 pour le développement durable, vous trouverez 17 Objectifs de développement durable (ODD) qui définissent clairement le monde souhaité. Les ODD s’appliquent à toutes les nations et ne laissent personne pour compte.

Objectifs de développement durable

Source: United Nations Development Programme

L’évolution du monde des affaires au cours des 10 dernières années

Ce fût personnellement enrichissant pour moi de voir les grands progrès qu’ont fait les entreprises depuis que j’ai joint Boréalis il y a 10 ans, avec l’espoir de pouvoir faire une différence dans ce monde. Je souhaitais diminuer le manque de confiance et de mauvaises communications qui selon moi avaient lieu entre les entreprises, la société civile et la communauté scientifique. Aujourd’hui, j’ai l’impression que ça se concrétise enfin.

Ce parcours m’a d’abord amené vers le domaine extractif, qui déjà il y a 10-15 ans était très prévenant pour tout ce qui touche la gestion des impacts sociaux et environnementaux puisque dans le cas contraire, on devenait témoins d’instabilité civile et de la fermeture de projets, ce qui est loin d’être bon en affaires.

En même temps, je reconnais aujourd’hui que les ressources naturelles sont toujours nécessaires à nos communautés. Ne faites que penser aux ressources comme les métaux et plastiques utilisés pour construire nos maisons, routes, édifices commerciaux, téléphones intelligents, équipements pour hôpitaux, batteries pour voitures électriques, équipements de sports, et la liste continue.

Il en reste beaucoup à faire encore aujourd’hui, mais plusieurs compagnies ont entamé un virage vers une approche responsable pour leur affaires, en reconnaissant leurs impacts et en compensant pour ceux-ci dans d’autres espaces où elles peuvent stimuler de plus grands changements. Aujourd’hui, les domaines extractifs offrent des meilleures pratiques pour plusieurs organisations dans différentes industries qui cherchent à développer des relations de confiance et la compréhension avec les groupes importants de parties prenantes.

Mon travail avec les clients de Boréalis permet la concrétisation des programmes d’engagement des parties prenantes pour les relations avec les communautés, l’approvisionnement responsable, la performance sociale et environnementale ainsi que les affaires publiques. Je ne sais pas si mes efforts personnels ont vraiment fait bouger les choses, mais je crois qu’en travaillant ensemble, nous pouvons tous prendre une petite partie du crédit pour les grands changements dont nous sommes témoins aujourd’hui.

 

Comment le tout est-il lié au Responsible Business Summit?

Le thème sous-jacent de RBSEU démontrait que les organisations agissent en tant que leaders et citoyens responsables – parce que les clients le demandent. Ils veulent savoir que les compagnies qu’ils encouragent partagent leurs valeurs et que leurs investissements – tant pour l’achat de produits que pour les actions en bourse – soutiennent éventuellement les ODD. Il s’agit du combat d’une génération, un moment qui appartient à tous les résidents de la planète, un moment où tout le monde peut jouer un rôle. Et tout ça, c’est inspirant.

Avant de parler des diverses présentation individuelles, je souhaite présenter le point de départ qui est l’évaluation de l’importance relative. Qu’est-ce que c’est, l’évaluation de l’importance relative? C’est un exercice qui fait partie du processus plus large d’engagement des parties prenantes, qui recueille des aperçus sur l’importance relative d’enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance spécifiques pour les entreprises. Alors que ces aperçus sont surtout utilisés pour informer les stratégies de communications et de rapports, ils ont aussi une grande valeur pour d’autres activités, comme la planification stratégique, la gestion des opérations et les décisions d’investissement en capital.

Tout comme pour l’évaluation des parties prenantes, l’importance relative peut être visualisée sur une matrice pour comparer différents aspects selon leur importance pour les parties prenantes de l’entreprise (incluant les clients) et combien de valeur ils peuvent créer pour l’entreprise en soi. Des exemples incluent : l’accès à l’énergie, les communications avec les parties prenantes, la transparence, la stabilité financière, la protection de l’environnement, le développement durable, la santé et sécurité, etc.

 

Voici un survol de quelques-unes des discussions qui m’ont inspiré

Jorge Laguna-Celis, Directeur des Nations Unies Environnement, a soulevé que les ODD ne sont pas à propos de la Responsabilité sociale des entreprises (RSE), mais qu’ils touchent plutôt à la survie des affaires à long terme. Utiliser l’approche du cycle de vie permet aux sociétés de générer plus de profits et d’emplois, mais pour ce faire, celles-ci doivent mesurer ce qu’elles font – et elles doivent faire des rapports qui exposent ces mesures.

Tim Mohin, de la Global Reporting Initiative (GRI), a dit que les rapports de développement durable ne suffisent pas pour la prise de décision. Ces rapports, qui parfois s’éternisent sur les belles images, du papier et des mots soignés, doivent plutôt être constants, comparables et concis. Ils doivent aussi regarder de l’avant au lieu de simplement réfléchir à ce qui a déjà été fait.

Martino Scabbia Guerrini de VF Corporation croit que les entreprises qui connaissent du succès suivent à la fois l’agenda global et les besoins des consommateurs. Les consommateurs veulent savoir les valeurs et les intentions des marques. Martino suggère que les sociétés devraient avoir peur de ne pas changer, qu’elles devraient garder les choses simples et que l’évolution devrait faire partie de leurs discussions avec le monde extérieur.

Simon Boas Hoffmeyer a mentionné les efforts du Groupe Carlsberg pour réduire les impacts à travers leur chaine de valeurs, de l’agriculture à la réfrigération des produits de consommation. Cette compagnie s’est 100% commise à la durabilité et souhaite influencer les autres à les joindre au sommet, tout en étant assez humble pour divulguer ses défis avec les participants à la session.

Daniel Weston de Nestlé Nespresso SA a amené le concept des économies circulaires, rappelant à tous que sa société dépend de fermes durables dans les pays producteurs de café, en plus de la législation et des installations de récupération où leurs produits sont consommés, et qu’être responsable doit être au cœur même de leur modèle d’affaires et leur offre aux consommateurs.

Frances Iris Lu, Gestionnaire de la durabilité chez A.P. Moller – Maersk a révélé que Maersk divise les ODD en trois sections :

  1. Ceux dont ils peuvent renforcer l’impact positif par des actions concrètes
  2. Ceux qu’ils peuvent influencer sans être dans le siège du conducteur
  3. Ceux qu’il ne peuvent que mitiger

De tels aperçus sur les priorités de durabilité offrent un guide bienvenue pour plusieurs organisations.

Nokia s’est métamorphosée plusieurs fois au cours de ses 153 années d’opération. Minna Aila, Vice-présidente aux affaires corporatives de Nokia, a parlé du rythme de changement d’aujourd’hui et a mentionné que nous sommes en train d’entrer dans une ère après-transparence et après-conformité. Il nous est maintenant impossible de tout lire et de tout comprendre vu la quantité d’information disponible, nous devons donc nous fier à des gens et des soc  iétés auxquels nous pouvons faire confiance. Les compagnies doivent avoir des objectifs long-termes et doivent quand même lutter les « tempêtes » à court-terme qui prennent place dans les médias sociaux et autres médiums sur leur route.

La famille d’affaires de Mars pense du point de vue des générations et est responsable à travers sa chaine d’approvisionnement pour que ses impacts demeurent minimes grâce à l’efficacité – les certifications de gestion de l’eau et des déchets, et de durabilité. Juan Martin, le Président des ventes multiples en Europe, a partagé les défis de mesurer les impacts sociaux sur les communautés (emplois, protection de l’environnement, militer pour le soutien des communautés par les gouvernements). Pour permettre aux histoires des champs de production de se rendre jusqu’à la haute direction, il faut d’excellents processus d’engagement local et des canaux de communication interne efficaces.

Le dernier projet qui a particulièrement attiré mon attention était Van de Sant, une startup au Pays-Bas. Dans un effort pour conquérir une partie de l’enjeu (énorme) que représentent les résidus de plastique dans les océans, ils développent une toute nouvelle économie reposant sur ce défi. D’abord en prélevant le plastique de nos plans d’eau, pour ensuite le recycler en nouveaux matériaux qui peuvent être utilisés pour leur production de meubles extérieurs haut-de-gamme, plutôt que de produire du plastique à partir de zéro. Un cycle de vie complet, et bien au-delà.

Il y a aussi eu d’intéressantes discussions sur les mégadonnées, et il semble que bien qu’elles aient un potentiel énorme, elles ne seront jamais aussi riches que des années de conversation en personne entre des groupes clés de parties prenantes et des sociétés. Encore aujourd’hui beaucoup de communications ont lieu derrière des portes closes, et du coup elles ne sont pas disponibles de façon publique. Il semble donc qu’il est toujours impossible d’échapper au véritable travail acharné. Les mégadonnées sont une ressource puissante pour faciliter les activités, mais il faut garder en tête que ce ne sont pas toutes les connaissances, risques et opportunités de votre organisations qui sont documentés sur le web. La conclusion ici : il n’existe personne de mieux placé qu’une entreprise pour connaître ses affaires.

Intégration des ODD à votre stratégie d'affaires

Intégration des ODD à votre stratégie d’affaires

J’espère que ces pièces d’information offrent un brin d’inspiration et de réflexion sur comment votre organisation peut adopter les ODD. Ensemble, par de petits pas à la fois, nous avons vraiment le pouvoir de faire une grande différence.

Chez Boréalis, nous sommes commis depuis le premier jour à améliorer les enjeux sociaux et environnementaux en aidant les compagnies à mettre en pratique les meilleurs pratiques et processus, au-delà de la philanthropie et des rapports de développement durable. Vous aimeriez avoir un coup de pouce pour la planification et l’alignement de vos activités aux ODD? N’hésitez pas à nous joindre, il nous fera plaisir d’en savoir plus sur votre projet et de vous aider!

À propos de Louis Lieutenant
Louis se spécialise en gestion de données à des fins des Responsabilité sociale d’entreprise et livraison de solutions de qualité. Il travaille chez Boréalis depuis 2008 et a contribué au succès de plusieurs projets qui appliquent les meilleures pratiques et standards RSE. Son expérience en tant que consultant sur de nombreux projets extractifs est signifiante, plus spécifiquement en Afrique, Australie et au Canada. Louis aime être actif tout au cours de l’année, que ce soit en pratiquant divers sports ou jouant de la musique, en plus de voyages à la découverte de nouvelles cultures.

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