Projet d’énergie renouvelable en mer : une meilleure acceptation sociale grâce à l’utilisation de technologies pour soutenir la mobilisation des parties prenante

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Le secteur de l’énergie renouvelable en mer connaît une forte croissance, avec une prédominance de l’éolien.

Depuis 2016, le secteur de l’éolien en mer a presque triplé sa taille, avec une capacité globale qui pourrait atteindre 109 GW d’ici 2025, et 251 GW d’ici 2030, selon une étude de Rystad Energy réalisée en 2021 : une augmentation moyenne de 22 % par année. Aux États-Unis, le gouvernement Biden a renforcé les mesures incitatives pour stimuler le développement de l’éolien en mer, et vise une production de 30 GW d’ici 2030.

Les autres énergies marines, qui utilisent notamment les vagues (énergie houlomotrice), les courants (énergie hydrocinétique) et les marées (énergie marémotrice), ainsi que la chaleur (énergie thermique des mers) et la salinité (énergie osmotique) des eaux, font l’objet de recherches, de développement et d’exploitation à moindre échelle.

Malgré son sceau écologique, l’énergie renouvelable extracôtière n’obtient pas le degré d’acceptation sociale espéré. Et le cas des éoliennes ressort de nouveau, leur nombre ainsi que leur visibilité et celle de certains de leurs impacts (couloirs de migration des oiseaux, pollution lumineuse) attirant davantage l’attention.

L’acceptation sociale est essentielle à l’élaboration de projets d’énergie renouvelable en mer. La mobilisation des parties prenantes constitue certainement une voie à privilégier pour y arriver.

Pourquoi est-il important de mobiliser les parties prenantes?

Pour s'assurer que les projets se réalisent

L’adhésion des parties prenantes à un projet peut faire la différence entre un projet qui se conclut avec succès et un projet qui ne voit jamais le jour.

À la fin de 2017, par exemple, le projet américain Cape Wind a dû renoncer à son bail fédéral après avoir travaillé durant 16 ans au développement d’un parc éolien en mer dans le détroit de Nantucket, situé entre Cape Cod et l’île de Nantucket.

Leurs opposants les ont accusés de compromettre la navigation, la vie marine et la faune aviaire, ainsi que l’économie locale.

En janvier 2015, l’entreprise américaine Eversource et la multinationale britannique National Grid ont résilié les contrats d’achat qui les liaient à Cape Wind. Puis, en 2016, le Energy Facilities Siting Board de l’État a refusé de prolonger les permis délivrés en 2009 pour le projet, ce qui a signé son arrêt de mort.

Pour respecter la réglementation

Les instances gouvernementales chargées d’accorder les permis d’utilisation des terres marines intègrent à leur réglementation des demandes spécifiques concernant les parties prenantes.

Au Canada, il est possible que les promoteurs intéressés à demander une autorisation d’utilisation des fonds marins fédéraux doivent fournir à Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) :

Aux États-Unis, le Bureau of Ocean Energy Management (BOEM) a publié en 2019 une version révisée d’un guide pour les promoteurs sur les renseignements requis lors d’une demande d’évaluation de site , donc, au tout début d’un projet d’énergie renouvelable extracôtière.

Au nombre des documents exigés : une liste des organismes et individus consultés – ou qui le seront – au sujet des conséquences potentielles des activités de l’entreprise. À titre de référence, le guide contient une liste non exhaustive des organismes et sujets pertinents comme :

  • Les autorités locales de la Garde côtière des États-Unis (comprendre les utilisateurs de la zone)
  • les organismes de gestion de la pêche (commerciale et récréative) (comprendre l’utilisation de la zone)
  • le département de la Défense des États-Unis (utilisation militaire et préoccupations, en matière d’éclairage, par exemple)
  • le Corps du génie de l’armée de terre des États-Unis (sécurité de la navigation)
  • les autorités côtières, publiques et locales portuaires (comprendre les préoccupations des utilisateurs de la zone, des autorités portuaires, des organismes de pêche, et du secteur du tourisme)

D’ailleurs, le BOEM exige également, pour ce type de projet, des rapports aux six mois concernant la mobilisation des parties prenantes.

Ces recommandations et exigences montrent que la question de l’acceptation sociale des projets prend de plus en plus d’importance et que les gouvernements ont le souci de soutenir des projets responsables et rassembleurs.

Pour diminuer les délais et les coûts

Enfin, le ralliement des parties prenantes autour du projet améliore certainement la fluidité des démarches à toutes ses étapes et, par le fait même, le contrôle des coûts. Une meilleure communication signifie moins d’opposition, qui signifie à son tour moins d’attente ou de retards, donc moins de dépenses. Une mobilisation efficace et bienveillante des parties prenantes peut également fournir au projet des alliés susceptibles de donner des coups – et des poignées – de main afin d’en faciliter l’avancement. Ce qui se traduit inévitablement par des économies.

Pour fournir des renseignements à la recherche et au développement

En étant à l’écoute des préoccupations de leurs parties prenantes, les promoteurs de l’énergie renouvelable en mer peuvent se servir de ces enjeux pour orienter leurs investissements en recherche et développement.

Par exemple, le chapitre américain de BirdLife International, American Bird Conservancy, a encouragé au fil des ans la recherche et le développement de nouvelles technologies destinées à évaluer les risques pour les populations aviaires avant et après la construction des infrastructures. Ces technologies utilisent diverses techniques de surveillance comme des systèmes de détection de la faune par vibration/bioacoustique et multicapteurs (MUSE), par radars et caméra infrarouges (détection thermique – TADS), ainsi qu’à l’aide d’accéléromètres, de microphones et de caméras vidéo (WT-Bird). Elles sont appelées à être continuellement améliorées, selon les besoins de tous les intervenants impliqués dans les projets.

Pour permettre une meilleure compréhension de leur écosystème

La mobilisation des parties prenantes permet également aux promoteurs de comprendre non seulement leurs préoccupations, mais également les défis auxquels elles font face sur le plan des demandes pouvant leur être adressées par différents projets.

Selon le lieu en cause, il est en effet possible que des parties prenantes se retrouvent sollicitées de toute part, que ce soit pour des projets de nature différente ou semblable. S’engager dans des dialogues de façon active avec elles permet de diminuer, de leur côté, la confusion possible entre différentes entités commerciales à la recherche de leur approbation, surtout si certaines de leur raison sociale partagent un même mot, Energy, par exemple.

Ces échangent permettent également de constater et de comprendre les liens qui existent entre les différentes parties prenantes, et de pouvoir les utiliser à bon escient.

Qui sont les parties prenantes de l'énergie renouvelable en mer?

Les projets d’énergie renouvelable extracôtière doivent composer avec plusieurs parties prenantes, même si leur éloignement des terres pourrait laisser croire le contraire. Voici une liste de parties prenantes potentielles avec lesquelles les promoteurs peuvent devoir négocier.

  • Acteurs de la pêche commerciale
  • Pêcheurs récréatifs
  • Défenseurs des consommateurs et des contribuables
  • Représentants élus
  • Main d’œuvre et entreprises
  • Communautés côtières
  • Établissements universitaires
  • Promoteurs d’éoliennes en mer
  • Organismes non gouvernementaux
  • Autorités de réglementation et organismes de régulation
  • Câbles sous-marins et infrastructures en mer
  • Communautés maritimes et de navigation
  • Services publics terrestres
  • Médias et journalistes
  • Chaîne logistique locale

Selon l’emplacement du projet, les acteurs qui se trouvent déjà à cet endroit, et les personnes ou autres entités qui en subiront les conséquences, l’importance des différentes parties prenantes peut varier considérablement.

Il est sans doute plus important, par exemple, de s’impliquer auprès des groupes vulnérables aux États-Unis qu’en Norvège, en raison des fortes préoccupations de justice environnementale et du poids de l’organisme chargé d’y répondre.

C’est pourquoi la première étape d’un projet d’énergie renouvelable en mer, comme pour tout projet d’infrastructure, consiste à dresser une liste exhaustive de toutes les parties prenantes. Ensuite, une analyse approfondie de ces parties prenantes s’impose. Des promoteurs qui connaissent bien les enjeux de leurs parties prenantes pourront les approcher plus efficacement et mieux négocier avec elles.

Les difficultés maintes fois rencontrées lors de cet exercice de listage et d’évaluation concernent l’accessibilité, la mise à jour et le transfert des informations rassemblées. C’est pourquoi de plus en plus de gestionnaires de projet d’envergure choisissent d’utiliser un système de gestion de parties prenantes afin de faciliter la manipulation de ces renseignements cruciaux.

Stratégies de mobilisation clés pour stimuler l'acceptation sociale

Impliquer les parties prenantes au tout début du processus

Les projets d’énergie renouvelable en mer sont des projets de longue haleine pouvant s’étaler au-delà d’une décennie, de la phase d’évaluation du site au lancement de la production. L’implication des parties prenantes dès la première phase du projet comporte plusieurs avantages.

Si, dès le départ, les parties prenantes ont l’impression d’être écoutées et surtout, comprises, si elles sentent qu’elles font partie du projet plutôt que d’en subir passivement les conséquences, les chances d’obtenir une meilleure acceptation sociale sont augmentées.

Ensuite, les préoccupations soulevées par les parties prenantes tout au long du processus peuvent être prises en compte dans le développement du projet et servir à prévenir les difficultés plutôt que de tenter de les atténuer ou les éliminer après coup. En plus de servir l’acceptabilité sociale, cette approche peut générer des économies.

Finalement, des contacts rapides avec les parties prenantes fournissent également des occasions de discuter des compromis qui pourraient être souhaités de la part des organisations et des communautés touchées, en allant au-delà de la nature du projet, et en expliquant clairement les raisons pour lesquelles celui-ci sera, à terme, important et bénéfique pour tous.

Toutefois cette stratégie n’est efficace que si les engagements pris auprès des acteurs d’un projet sont réellement respectés. Il n’est malheureusement pas rare que des promesses faites au tout début des rencontres avec les parties prenantes ne soient pas tenues, faute de bénéficier d’un système robuste et accessible à tous pour documenter ces engagements. Il est donc important de fournir aux équipes chargées des relations avec la communauté et aux consultants chargés de faire les premiers travaux de mobilisation des outils faciles à utiliser qui permettront de conserver tous les enjeux observés et toutes les promesses faites lors des premières rencontres, et ainsi maintenir l’acceptabilité sociale

Centraliser les données et les rendre accessibles

La quantité et la variété des renseignements à collecter, classer, analyser et utiliser au cours de projets d’une telle envergure sont astronomiques. D’où l’importance de les rassembler en un endroit unique où tous les intervenants peuvent y accéder facilement.

La longue durée des projets d’énergie renouvelable extracôtière justifie également de centraliser les données. Ces projets comportent plusieurs étapes pouvant s’échelonner chacune sur plusieurs années : la sélection et la planification du site; la conception, la fabrication et la construction des infrastructures; l’exploitation et l’entretien du parc; puis le déclassement et l’abandon du site une fois l’exploitation terminée. À mesure que le projet évolue et franchit les étapes, les équipes ou leurs membres peuvent changer, les consultants peuvent se multiplier, et les parties prenantes, évoluer.

Le regroupement des données sert alors de mémoire collective, tant aux équipes de développement du projet et à celles responsables des soumissions pour l’utilisation des sites qu’à celles chargées de la construction des infrastructures, puis des opérations.

En examinant le type d’interactions vécu avec telle partie prenante, de nouveaux interlocuteurs ont la possibilité de mieux se préparer à en rencontrer les représentants. Cela peut être particulièrement utile dans le cas, par exemple, où des réunions empreintes d’agressivité ou d’animosité auraient eu lieu précédemment.

De la même façon, en examinant les propos échangés et les engagements pris ultérieurement, les équipes s’assurent de respecter ces derniers, réduisant ainsi les risques de frustration et de déception – et même de litige – du côté des parties prenantes.

Voyez comment notre logiciel de gestion de parties prenantes permet de suivre et de centraliser les interactions afin d’améliorer les résultats d’un projet d’éoliennes en mer.

Utiliser des systèmes d’information géographique

Plus le promoteur récolte de données sur ses parties prenantes, plus il a de chance de comprendre leurs préoccupations et de pouvoir y répondre adéquatement. S’il peut également lier ces informations à des systèmes de données géographiques lui permettant de voir rapidement sur une carte qui sont les parties prenantes concernées, alors il gagne en efficacité.

Voici quelques portails proposant une foule de renseignements pertinents et faciles d’accès pour la préparation et le développement des projets d’énergie renouvelable extracôtière.

Global Offshore Renewable Map : carte interactive qui recense les projets d’énergie renouvelable en mer ainsi que d’autres projets connexes, avec leur degré d’avancement.

Oceans 3.0 Data Portal : données provenant d’observatoires câblés, de plateformes mobiles et d’instruments autonomes. Portail du Ocean Networks Canada.

Copernicus Marine Service : fournit des données sur l’état des océans, à l’échelle mondiale et régionale. Financé par la Commission européenne (CE).

 

En utilisant des langages intermédiaires entre logiciels, telle que les API, il est possible de lier automatiquement ces données cartographiques à un système de gestion de parties prenantes et ainsi éliminer plusieurs angles morts dans les activités de mobilisation.

À retenir

  • Le secteur de l’exploitation énergétique des terres extracôtières se développe à vitesse grand V en raison de cibles de production ambitieuses.
  • Les avantages à la mobilisation des parties prenantes sont nombreux et de grande valeur, tant sur les plans de la paix sociale et des exigences légales que sur ceux de la maximisation des investissements et du contrôle des retards et des coûts.
  • Dès les premières étapes d’un projet d’énergie renouvelable en mer, il est capital d’identifier ses parties prenantes, de commencer à collecter sur elles des données et d’analyser ces dernières afin d’acquérir une bonne compréhension de leurs enjeux.
  • Toutes ces données ainsi que toutes celles qui seront amassées au cours des échanges et des négociations avec les parties prenantes tout au long du projet devraient être centralisées afin notamment d’en permettre un accès facile aux différentes équipes qui se succéderont à mesure que les étapes seront franchies.

L’acceptation sociale fait désormais partie intégrante de tout projet d’envergure aux conséquences potentiellement perturbantes pour l’environnement et les individus touchés. Les promoteurs de l’énergie renouvelable en mer ne peuvent l’ignorer : en dépendent le succès de leur entreprise, mais également celui, plus global, de tout ce secteur d’activité.

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