custom_avatar
Par le 16 octobre 2013 - Blogue RSE

En tant que directeur de projets spécialisé en responsabilité sociale des entreprises (RSE) dans l’industrie extractive, j’entends parfois des gens comparer la gestion des parties prenantes à la gestion du risque. Ils ont en bonne partie raison : les deux activités ont plusieurs points en commun et il est assez intéressant de les comparer pour mieux comprendre ce qu’est et ce que n’est pas la gestion des parties prenantes.

Dans la gestion du risque, l’identification des risques doit se faire de façon rigoureuse et systématique. Sinon des problèmes inattendus pourraient surgir et obligeraient le gestionnaire à les traiter de façon urgente. Les conséquences pourraient être néfastes pour l’entreprise.

Dans la gestion des parties prenantes, le risque est représenté par toutes les personnes ou groupes de personnes ayant un intérêt dans le projet ou qui en sont affectées. Leurs intérêts et leurs préoccupations sont en quelque sorte des facteurs de risque, car ils peuvent avoir une incidence sur  l’évolution du projet (ex : manifestation contre le projet, barrage, pétition, etc.). Répondre aux attentes des parties prenantes permet donc de diminuer les risques et d’atténuer leur influence potentiellement négative sur le projet.  Dit autrement, la gestion des parties prenantes permet de limiter le risque associé aux parties prenantes.

Comparons les deux procédures :
Gestion du risque

  • Identifier les risques
  • Comprendre les risques, les analyser, les quantifier, les prioriser
  • Établir un plan pour minimiser les conséquences négatives sur le projet

Gestion des parties prenantes

  • Identifier qui se préoccupe du projet
  • Comprendre ce qui préoccupe ou motive les parties prenantes
  • Établir un plan pour maximiser la satisfaction des parties prenantes à l’égard du projet.

 

La gestion des parties prenantes suit aussi les étapes associées à la gestion du risque.

Étape 1 : Identifier les risques

On ne peut pas gérer des parties-prenantes sans les connaitre. Il faut donc les identifier en se posant la question : «qui se préoccupe de mon projet?» Certaines parties prenantes sont faciles à identifier (clients, fournisseurs, collaborateurs, population locale) mais d’autres le sont un peu moins (des adversaires, des avocats, etc.). Il faut identifier à la fois les menaces et les opportunités.

Étape 2 : Analyser et mesurer le risque

En gestion du risque, il est conseillé de prioriser les risques en fonction de leur probabilité et de leur impact. Il est possible de prioriser les parties-prenantes de la même manière, en fonction de leur intérêt et de leur impact. Intérêt dans le sens de «Combien se soucient-ils de mon projet? » et impact dans le sens de «Quelle est leur habilité à affecter le projet? ». Il est clair qu’il est plus difficile de quantifier des parties-prenantes que des risques de projet, mais il est possible d’organiser certaines informations-clé : qu’est-ce qui les préoccupent ? Comment le projet les affecte ? En quoi le projet les motive ? De quoi avez-vous besoin de leur part pour que le projet avance?

Étape 3: Minimiser le risque

Comment tirer parti de vos supporters et minimiser l’impact négatif de vos opposants ? Plus nous en savons sur nos parties-prenantes, plus il est facile de travailler avec elles. À l’inverse, si on les ignore on se prive de leur soutien et on augmente leur mécontentement envers le projet. Il est donc profitable de bien planifier. D’autant plus qu’avec l’évolution des technologies de l’information on dispose désormais d’outils performants pour informer les parties prenantes. Qui a besoin d’un renseignement? Quelles informations? Combien de fois? Dans quel format? Toutes ces questions doivent être la base de votre plan de communication.

Bénéfices pour les gestionnaires

Le bénéfice principal de la gestion des parties prenantes est de permettre la poursuite du projet sans entrave. Le gestionnaire est en mesure d’identifier, analyser et contrôler le risque associé aux parties prenantes.

L’autre bénéfice est l’identification d’opportunités intéressantes pour le projet. La gestion rigoureuse et proactive des parties-prenantes est un outil pour transformer les menaces potentielles en opportunités pour le projet. Elle va ainsi au-delà de la simple gestion du risque. Avec un peu de discipline on parvient à prévenir les problèmes avant qu’ils ne se manifestent. L’important est d’être proactif et d’établir des relations durables avec les parties prenantes.

À propos de François Robichaud

François counts 10 years’ experience implementing complex social and environmental solutions on large international infrastructure projects. He joined Boréalis in 2009, where he’s successfully contributed to projects around the world. François has extensive experience in stakeholder engagement, social investment, grievance management, resettlement and livelihood restoration, surveying and biodiversity. Outside his work, François is passionate about volcanoes, seismology and you might even catch him bungee jumping on some weekends.


Discussion